mercredi 20 décembre 2017

DS7 Crossback : luxe et techno à la française

J’ai pu essayer hier pour la première fois la DS7 Crossback, le nouveau haut de gamme français. Vu pour la première fois au salon de Genève, puis revu au lendemain de l’investiture du Président Macron au DS World à Paris (la version pour l’Elysée), puis recroisé à deux reprises (sur le parking de l’usine de PSA à Poissy, puis à l’usine de Mulhouse), ce modèle jouait à cache-cache. J’ai donc pu en prendre le volant et je dois dire que j’y ai pris du plaisir.



La mise en route a été plutôt courte, car j’avais déjà vu en statique comment fonctionnaient les menus. Et puis, j’a la particularité d’avoir pour véhicule perso un modèle de dernière génération du groupe. Donc, ça aide un peu pour prendre ses marques au niveau de l’écran tactile et de certaines commandes. Bref, je n’ai pas eu besoin d’un long apprentissage pour me sentir bien, même si j’avoue qu’un conducteur moyennement geek serait sans doute un peu perdu.


Si l’on fait abstraction du style, que l’on peut adorer ou détester, et des formes géométriques complexes, qui se retrouvent à la fois sur les touches de la console centrale et dans le graphisme du tableau de bord (mode cadrans), DS Automobiles a réalisé un véhicule vraiment au niveau. Sans copier les allemands, tout en reprenant quelques idées quand même, la griffe de luxe de PSA propose un SUV qui soutient vraiment la comparaison. C'est la première voiture française à proposer deux écrans HD de 12 pouces, l'un en guise de tableau de bord et l'autre en tant qu'écran central.


Au cours de notre boucle d'essais en vallée de Chevreuse, il nous a été donné de tester les trois principaux systèmes d'aide à la conduite (sur une bonne quinzaine). Je commencerai par le pilotage semi-automatique, le DS Connected Pilot. Le patron de l'ingénierie de PSA, Gilles Le Borgne, m'en avait parlé en octobre dernier. Il m'avait confié à quel point il était heureux de s'en servir.


J'ai pu à mon tour l'utiliser et le comparer à celui de Volvo, que j'ai testé tout récemment. PSA a bien travaillé, à la fois sur l'IHM et sur le système lui-même. Quand on sélectionne le mode d'affichage conduite sur le tableau de bord numérique, on peut faire faire apparaître la voie de circulation et le véhicule qui se trouve devant. Les marquages au sol sont matérialisés en vert. Cela suppose d'avoir activé au préalable le régulateur de vitesse intelligent (ACC) et le système de maintien dans la voie. Quand les conditions sont réunies, l'électronique de bord va maintenir le véhicule dans sa voie anticiper sur les courbes. J'ai été agréablement surpris par sa précision. Le système a notamment très bien géré le virage d'insertion sur l'A12.


Evidemment, on est vite tenté tenté d'éprouver la technologie en lâchant les mains sur l'autoroute. Au bout de quelques secondes (une bonne dizaine quand même), la DS7 vous invite toutefois à reprendre le volant. On sent quand même que la fonction "Highway Chauffeur" ne tardera pas.


En revanche, ce n'est pas possible de bénéficier du pilotage quand les conditions météo sont défavorables. Le brouillard affectant la visibilité, avec la nuit tombante, le système n'a pas voulu s'activer.


Mon véhicule d'essai n'en était pas équipé, mais la DS7 peut recevoir un système d'assistance au parking automatisé. Comme chez BMW, il suffit d'appuyer sur le bouton (P avec le symbole du volant), pour lancer la manœuvre. Plus besoin de toucher au volant, ni aux pédales.


Utilisé pour améliorer encore le confort de ce SUV bien insonorisé, l'Active Scan Suspension reprend la techno de la Mercedes Classe S. La caméra de bord est utilisée pour analyser la route en amont et envoyer ces données à la suspension pilotée. Cela suppose d'activer le mode de conduite "confort" pour avoir un sentiment de "tapis volant". DS Automobiles a souhaité reproduire les sensations de la suspension hydropneumatique, mais avec les technologies modernes. C'est vraiment probant.


S'agissant de la navigation, connectée, on reste dans un univers connu avec l'info trafic de TomTom et les services annexes (prix des carburants, météo....).


On peut apprécier aussi les efforts pour représenter les bâtiments en 3 D, comme ici en passant devant la Maison de la Radio.


La lisibilité de la carte est amplifiée par le mode d'affichage navigation sur le tableau de bord. Comme on peut le voir ici, on est au même niveau que chez Audi ou Volkswagen.


DS Automobiles a également travaillé la reconnaissance des panneaux. Elle promet une reconnaissance étendue, comme le prouve la prise en compte du panneau stop par exemple. Sur le parcours, cela m'a aidé.


L'un des autres points forts est l'éclairage en Full Led, non seulement très esthétique (ah, les LEDs qui tournent en mode 180° au démarrage), mais aussi fonctionnel. Le faisceau s'adapte en fonction du profil de la route, de la vitesse et du trafic en face.


Et puisqu'on parle de la nuit, c'est l'occasion d'évoquer la vision de nuit. Ce système a déjà été étrenné par Mercedes et BMW, sans oublier Cadillac qui a été le premier. C'est quand même appréciable de trouver ce genre d'équipement sur un véhicule français. Quand le petit logo vert apparaît (celui du haut), on peut sélectionner depuis le volant le mode d'affichage vision de nuit. On voit alors grâce à l'infrarouge une image en noir et blanc où les piétons, les cyclistes et les animaux sont détectés et "ciblés" en cas de danger. Le piéton est ici encadré en vert, car il marche sur le trottoir. Mais, autour des Champs-Elysées, et alors que j'avais modifié le mode d'affichage, des fenêtres sont apparues sur le tableau de bord, avec cette fois le piéton encadré en rouge.


Pour terminer sur ce volet technologique, un mot sur la caméra intérieure. Utilisant la technologie infrarouge, elle sert à surveiller le conducteur et à mesurer son degré de concentration. Un peu intrigué, car je n'ai pas réussi à déclencher d'alarme en tournant la tête et en simulant les yeux qui se ferment, j'ai appris que DS avait volontairement choisi un système pas trop intrusif.


Il faut d'abord le paramétrer à partir de l'écran central. Ensuite, le système n'agit pas seul. Il est intégré dans un ensemble qui prend aussi en compte la trajectoire.

Dans un prochain post, j'évoquerai plus globalement le comportement de la DS7 Crossback et la stratégie de la marque.