lundi 15 juillet 2013

PSA et l'EPFL gardent le conducteur à l'oeil

Je vous ai déjà parlé sur ce blog des travaux menés en commun par l’EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne) et PSA sur le thème de la détection de vigilance. J'avais mentionné la technique permettant de faire le suivi des visages, élaborée par le laboratoire LTS5*. Cette fois, une étudiante a développé un algorithme vidéo de détection de fatigue basé sur la fermeture des yeux. Celui-ci permet de mesurer la fermeture des paupières à l’aide d’une simple caméra. Un procédé si prometteur que, PSA Peugeot Citroën, partenaire du projet, l’a intégré dans un prototype, pour le tester en conditions de conduite.



Les pouvoirs publics ont beau s'entêter dans leur combat contre la vitesse et oublier que près d’un tiers des accidents sur autoroute sont liés à la fatigue, il existe heureusement des acteurs qui s'intéressent aux vrais sujets liés à la sécurité routière. S'il existe déjà plusieurs systèmes de détection de fatigue (comme chez Volkswagen par exemple), plutôt basés sur la perte de contrôle, l'EPFL s’est concentrée sur le conducteur lui-même et son état d’éveil. Ainsi, dans le cadre de son projet de master en génie électrique et électronique, et en partenariat avec PSA, Marina Zimmermann a mis au point un algorithme qui mesure le pourcentage de temps** durant lequel les yeux sont fermés au moins à 80% sur la pupille, durant un certain laps de temps. Le défi était de mesurer cet indicateur en temps réel, en gardant en continu dans le viseur les yeux du conducteur, sachant qu’il peut tourner la tête, porter des lunettes, rouler de nuit, traverser des tunnels… La solution vient d'une petite caméra infrarouge placée derrière le volant.


Dans ce projet, initié par le Centre de Transport et réalisé au LTS5, l'étudiante a développé un module pour analyser les yeux, capable de distinguer un oeil ouvert d’un oeil fermé. Les premiers tests, menés à partir de vidéos de conducteurs en conditions réelles, ont montré une bonne fiabilité du système. Il reste toutefois très dépendant de la cadence des images sachant que la nictation - clignement inconscient de l’oeil - s’opère dans un délai de 100 à 150 millisecondes. Complémentaire du système basé sur la détection du visage (avec les bâillements et l’inclinaison de la tête), ce projet doit maintenant être évalué en situation réelle.

*Laboratoire de Traitement des Signaux 5 de l’EPFL
**PERCLOS (percentage of eye closure)

Crédit photo : EPFL/LTS5 & PSA Peugeot Citroën